HEXE - MARION WAGSCHAL

SEPTEMBER 14 SEPTEMBRE - NOVEMBER 30 NOVEMBRE 2017

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VERNISSAGE: SEPTEMBER 14 SEPTEMBRE, 6-8 P.M.

Battat Contemporary est heureuse de présenter Hexe, une exposition mettant en lumière le plus récent travail de Marion Wagschal. Les toiles et les oeuvres sur papier sélectionnées ont toutes été réalisées au courant de l'année dernière, une période de production effervescente durant laquelle Wagschal a bénéficié de l'assistance du peintre Paul Hardy. Dans l'atelier des heures durant, ils ont discuté histoire de l'art, technique, forme. Pour accompagner cette exposition, Hardy raconte ses incursions dans l'espace réel et imaginaire de l'artiste. D'une manière toute sensible, il nous fait voir non seulement l'importance des détails biographiques et intimes dans la pratique de Wagschal, mais aussi la ténacité et l'ardeur qui troublent et propulsent son travail et sa vie de peintre.

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"Hexe!" est le nom que ta mère te lançait parfois en allemand, signifiant "maudite". Tu me racontes cela alors que les toiles et les dessins s'entremêlent. "...Je pense que ce sera le titre de l'exposition..." Dans cet atelier et cette maison que tu habites depuis près de quarante ans, aucune distinction entre la vie et le travail n'est palpable; ils ne font qu'un. L'expérience du quotidien tend vers la peinture et vice versa. Des objets étranges devenus familiers sont éparpillés: Dans le couloir, le squelette que l'on retrouve dans cette scène d'intérieur rappelant Vélasquez et dans le petit salon, le coyote empaillé dont l'image est devenu un motif récurrent. Quoiqu'immobile, il contrôle les visites du chat des voisins. Nous regardons de nouveaux dessins et tu me parles du prochain tableau, celui qui te garde éveillée la nuit.

De retour dans l'atelier, je me pose un instant et regarde les lunes et les vagues, les crânes et les nues qui illuminent la pièce même dans l'obscurité. Tu agites ton pinceau et je pense au nom que ta mère te donnait. Hexe. Elle avait raison - cela est visible dans ton regard. Tu sembles ensorcelée! Je connais bien ce sort, puisqu'il me tourmente aussi. Je regarde les tableaux prendre vie et je t'assiste à quelques tâches, mais mon apport est mineur: la compagnie et la conversation sont mes principales contributions. La journée file et nous discutons alors que tu dessines. Nous projetons de tes dessins sur les murs et les images en mouvance, qui passent de toute petites à très grandes, nous fait réfléchir à la relation entre le corps et la dimension d'une oeuvre. Comment affecte-t-elle son essence? Quelle forme devrait prendre tapropre mythologie? Je change d'idée et tu fais de même. Nous parlons de nos expériences respectives, des changements à venir, mais surtout, nous parlons peinture.

Ton travail continue de surprendre et cette exposition d'un tout nouveau corpus ne fait pas exception. Denses d'histoires et de symboles qui illuminent tant l'histoire de la peinture que ta biographie, les riches tapisseries auxquelles tu nous as habituées sont encore et toujours présentes, à la fois oniriques et irréprochables d'honnêteté. Ces oeuvres ont toutefois quelque chose de différent: des espaces inédits, une intimité plus grande, une lucidité saisissante. C'est à mon tour d'être tenu éveillé, happé par la beauté de ce petit tableau dévoilant un savon qui appartenait à ta mère; une image qui dénote d'un seul coup le deuil et son acceptation, le symbole d'une résistance poétique et tenace.

Paul Hardy

 

Battat Contemporary is delighted to present Hexe, an exhibition of recent works by Marion Wagschal. The selected paintings and works on paper were for the most part executed in the last year, an effervescent period of production during which Wagschal enlisted the assistance of painter Paul Hardy. Spending afternoons in the studio side by side, they've discussed history, technique, form. To accompany the exhibition, Hardy chronicles his incursions in her space - real and imagined. Delicately encapsulating the significance of biographical and intimate details to her practice, he also captures the relentlessness that troubles, and fuels, the work and life of the painter.

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Hexe! – Is what your mother would call you – the cursed one. You tell me this while canvases are moved about and drawings shuffled. “…I think this will be the title for my show.” Moving through your space of forty years, no distinction between life and work can be felt; and why should there be, they are one and the same. A thing flows into the next, from lived experience, to paint, and back again. Your familiars are strewn about: the skeleton from that little Velázquez-like canvas in the sitting room, next to the taxidermied coyote–a veteran of works old and new–always busy warding off the neighbors' cat. We look at some new drawings and you tell me about the next painting, the one that’s been keeping you up at night.

Back in the studio, I sit and watch as moons and waves, and skulls and nudes illuminate the otherwise dark room. You make your marks and I think of what your mother would call you. Hexe. She was right – it is visible in your gaze – how you are entranced! But yours is a curse I know well, it is one that we share. I watch as your paintings take shape and I do what I can to assist, but my contributions are minor: companionship and conversation are my primary offerings. The day goes by and we discuss as you draw. We try things out: projecting drawings on the wall, thinking about how our bodies relate to the varying scales and the shifting elements – how will these choices affect the spirit of the work and how should your story be told? I change my mind, as do you. We talk about life, about changes to come. But mostly we talk painting.

Your practice continues to surprise, and this exhibition – your first showing of all new works in many years – is no exception. They retain what we know and love: rich tapestries, dense with stories and symbols that carry forth both the history of painting and your own mythology, at once whimsical and uncompromising in their honesty. But there is also something different; there is a space, a greater intimacy, and a sense of acceptance in these new pieces. Now I am the one up at night, thinking about your painting. I am thinking about the painting you made of your mother’s soap. It pummels me in that most beautiful of ways. It is a picture of loss and of coming to terms – an enduring, poetic resistance.

Paul Hardy