jen aitken

MAY 5 MAI - JUNE 25 JUIN 2016 

Battat Contemporary présente avec plaisir une nouvelle suite de sculptures en béton de Jen Aitken, à l'occasion de sa première exposition solo à la galerie, intitulée Numa.

Il y a un petit bâtiment de briques jaune dans un parc de Toronto que j'aime observer. Il s'agit d'une structure moderniste discrète datant des années 1960, probablement facile à ignorer. Trois formes simples la composent: une petite boîte déposée sur une plus grosse, et un cylindre massif contigu. Cette composition est cependant déformée, découpée, et semble se déployer dans l'espace environnant. Son volume est détaillé et dissipé grâce à deux séries d'auvents de béton supportés par de fines colonnes blanches. Au bout d'un moment, on perçoit que ces plaques de béton ne sont pas nivelées, accusant plutôt une pente légère d'environ 5 degrés. Les murs possèdent quelques failles et entailles, créant ainsi un zigzag peu profond qui corrompt le périmètre rectangulaire du bâtiment. Le cylindre adjacent n'est pas circulaire, comme je l'avais d'abord cru, mais plutôt elliptique, et est tronqué par un mur qui se dresse, formant un "b". L'épaisseur des briques crée un long rebord étroit en saillie de la face courbe du cylindre. À cet endroit précis, la taille des briques est en relation directe avec la structure qu'elles assemblent. À l'avant du bâtiment, l'auvent de béton est bas et s'avance sur quelques mètres pour créer une terrasse couverte. Une grande ouverture rectangulaire est découpée dans l'auvent, troquant sa fonction d'abris pour provoquer des jeux d'ombres dramatiques. Une dalle de béton rectangulaire est posée à la verticale près de cette ouverture, donnant l'impression que la pièce est celle-là même qui fut découpée dans l'auvent. Cette forme verticale isolée me fait considérer la structure entière d'un point de vue illustratif, tel une masse flottante de lignes et de plans. En marchant autour du bâtiment, je réalise que ses espaces extérieurs sont distincts et tout aussi significatifs que ces volumes internes. Il s'agit d'un environnement et d'un objet à la fois. Malgré son apparente banalité et son caractère vernaculaire, ce bâtiment s'avère étonnamment adroit; il a récompensé chaque moment passé à l'observer.

Jen Aitken (1985- ) crée des sculptures et des dessins qui bousculent les modes d'interprétation conventionnels et invitent à l'observation attentive et à la concentration. Son travail se base sur l'étude de formes géométriques qui ancrent sa production dans la familiarité de l'environnement bâti. En combinant des formes simples en arrangements ambigus, ces sculptures contredisent les attentes de leur observateur et provoquent des réactions senties. Aitken possède une Maîtrise de l’Université de Guelph (2014) et un Baccalauréat de l’Université Emily Carr (2010). Elle a récemment exposé à la Diaz Contemporary (Toronto, On.), la Kamloops Art Gallery (Kamloops, C.-B.) et au Hamilton Artists Inc. (Hamilton, On.). En 2017, son travail sera l'objet d'expositions solo au YYZ Artists’ Outlet (Toronto, On.) et au Centre Clark (Montréal, Qc.). Aitken vit et travaille à Toronto.

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Battat Contemporary is pleased to present a new suite of concrete sculptures by Jen Aitken for her first solo exhibition at the gallery, Numa

There's a small yellow brick building in a waterfront park in Toronto that I like to look at. It's an understated 1960s modernist structure and probably easy to miss. Overall, it's made up of three simple forms: a smaller box stacked on top of a larger one, adjoining a squat cylinder. But this basic composition is contorted and dissected and the building seems to unfold out into the space that surrounds it. The structure's central volume is expanded and dispersed by two layers of wrap-around concrete canopies supported by thin white columns. It takes a moment to notice that these concrete slabs aren't level-they have a subtle pitch of maybe five degrees. The four main walls of the building are slightly kinked in a few places, creating a very shallow zigzag that tempers the building's rectangular perimeter. The adjacent cylinder isn't round, like I first thought, but elliptical. A small segment of the ellipse is omitted, producing a flat wall that extends in one direction like the arm of a lowercase "b". This flat wall is offset from the curved wall by the thickness of its yellow bricks, adding a long, thin lip to the obtuse corner of the cylinder. Here the small scale of each individual brick is brought into direct relation to the larger scale of the whole structure. At the apparent front of the building (there is no main entrance), the lower concrete canopy extends another twenty feet or so to create a covered patio. A large rectangular hole is cut into the overhang, trading shelter for dramatic cast shadows. A rectangular slab of concrete stands upright beside this hole, as if it's the very piece of material that was removed from the overhang. This isolated vertical shape makes me consider the entire structure from a pictorial perspective-as a cluster of floating lines and planes. As I continue walking around the building, I realize its external spaces are as distinct and significant as its internal volumes. It's an environment as well as an object. Though hardly at the top of its class, I find this building surprisingly generous for such a vernacular structure. It's rewarded every minute I've spent looking harder. 

Toronto-based artist Jen Aitken (b.1985) creates sculptures and drawings that subvert habits of interpretation and allow for prolonged moments of focused observation. She relies on basic geometric shapes to ground her sculptures in the familiar built environment, but combines these simple units into ambiguous forms that contradict anticipations and provoke embodied responses. Aitken received her MFA in 2014 from the University of Guelph, and her BFA in 2010 from Emily Carr University. She has recently participated to group exhibitions at Diaz Contemporary (Toronto, On.), Kamloops Art Gallery (Kamloops, BC), and Hamilton Artists Inc (Hamilton, On.). She looks forward to solo exhibitions in the spring of 2017 at YYZ Artists’ Outlet (Toronto, On.) and Centre Clark (Montreal, Qc.).