le texte est pluriel / the text is plural - Grier edmundson

JANUARY 17 JANVIER - FEBRUARY 23 FÉVRIER 2013

Battat Contemporary est heureuse de présenter la deuxième exposition de Grier Edmundson. Ses œuvres ont figuré au sein de plusieurs expositions importantes, incluant la Triennale québécoise 2011 au Musée d’art contemporain de Montréal; le Appel Arts Centre, Amsterdam; la Galerie Art Concept, Paris; A.Vermi, Glascow; The Glascow International 2008, Glascow; Artnewprojects, Berlin; Groeflin Maag Gallery, Basel; et le Memphis Brooks Museum of Art, Memphis. Edmundson a exposé en solo à Fourteen30 Contemporary, Portland; Kendall Koppe Gallery, Glasgow et Power House, Memphis. La collection d’œuvres présentée ici, qui inclut peintures, dessins, sculptures et un papier peint imprimé à la main, a été conçue lors de sa participation toute récente au programme d’artiste en résidence de l’Oregon College of Art and Craft à Portland, en Oregon. L’artiste vit et travaille à Montréal.

En 1968, le commissaire Pontus Hulten fabriqua une série de cent boîtes « Brillo » d’Andy Warhol à l’occasion de l’exposition de l’artiste au Moderna Museet de Stockholm. À ce moment-là, le commissaire affirmait avoir la permission de Warhol pour créer les boîtes en Suède et ainsi éviter le transport d’une aussi grande quantité d’œuvres. En 2007, après le décès du commissaire et de l’artiste, la fondation Andy Warhol déclara qu’il n’existait aucune documentation de ce dialogue entre le commissaire et l’artiste et conséquemment, ne pouvait certifier aucune des boîtes commandées par Hulten. La très mince ligne séparant ce qui est « original » de ce qui est une « copie », un thème exploré par Warhol tout au long de sa carrière, fut alors divisée de plus belle. Bien que le résultat visé fût exactement le même, les boîtes de Hulten se rapprochaient beaucoup plus de l’esprit du travail de Warhol que les propres œuvres de ce dernier. Le maître de l’appropriation s’est vu approprié à son tour; même si l’objet fabriqué a simplement été refabriqué, les boîtes Brillo de Hulten, désormais connues sous l’appellation « Stockholm type », ne sont aujourd’hui considérées que des facsimilés.

Le titre de cette exposition est tiré de l’essai « De l’oeuvre au texte » de Roland Barthes. Barthes énonce dans cet essai que le Texte ne dépend pas de l’ambiguïté de son contenu, mais bien de la pluralité stéréographique des signifiants qui le tissent.[1] Cette exposition devient une sorte de palais des glaces, une synthèse des aspects formels et théoriques qui prend ensuite la forme d’une investigation plus globale, où la dualité et la multiplicité suscitent, de façon intentionnelle, la réflexion plutôt que la recherche d’une conclusion. À l’aide de plusieurs points de référence, tels que les répliques des boîtes Brillo de Warhol, ou une photographie de l’œuvre VSI Formula #5 (1969) du duo d’artistes conceptuels canadiens N.E. Thing Co., Le Texte est pluriel, tente de complexifier le fil narratif de la perception en entremêlant le vrai au facsimilé, l’objet observé, copié, et dupliqué, créant ainsi une boucle que suit le regard du spectateur, circulant sans cesse d’une forme à l’autre.

[1] Roland Barthes, Image-Music-Text, traduit par Stephen Heath (London :Fontana Press, 1977) p.159

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Battat Contemporary is pleased to announce the second exhibition of Montreal based artist Grier Edmundson. His work has been included in select exhibitions including the 2011 Quebec Triennial, Musee D’Art Contemporain De Montréal; at de Appel Arts Centre, Amsterdam; Galerie Art Concept, Paris; A.Vermin, Glasgow; The Glasgow International 2008, Glasgow; Artnewprojects, Berlin; Groeflin Maag Gallery, Basel; and The Memphis Brooks Museum of Art, Memphis. Edmundson has held solo exhibitions with Fourteen30 Contemporary, Portland; Kendall Koppe Gallery, Glasgow and Power House, Memphis. The collection of work which includes paintings, drawings, sculpture and a hand-printed wall paper were all conceived during a recent stay as the Artist-in-Residence at the Oregon College of Art and Craft in Portland, OR.

In 1968, curator Pontus Hulten fabricated a series of 100 of Andy Warhol’s Brillo boxes for an exhibition of the artist’s work at the Moderna Museet in Stockholm. At the time, the curator claimed to have Warhol’s permission to create the boxes in Sweden in order to avoid the trouble of shipping such a large quantity of work. In 2007, after both the curator and artists had passed away, the Andy Warhol Foundation declared that there was no existing documentation of the dialogue between curator and artist and therefore could not give full certification to any of the boxes that were commissioned by Hulten. The intent was the same but the boxes commissioned by Hulten were in a lot of ways more in the spirit of Warhol than Warhol’s own work. The razor thin line between what is ‘original’ and what is a ‘copy’ that Warhol had flirted with throughout his career had been split down the middle. The master appropriator had been appropriated, the fabricated had merely been re-fabricated and yet the series of Brillo boxes now known as the Stockholm Type boxes are now only considered facsimiles.

The title of this exhibition was taken from Roland Barthes’ essay ‘From Work to Text’. In the essay Barthes states that the Text depends not on the ambiguity of its contents but on the stereographic plurality of its weave of signifiers.[1] The exhibition becomes a sort of house of mirrors, a synthesis of the formal and theoretical into a larger, overarching investigation where duality and multiplicity intentionally prompt reflection rather than the search for a conclusion. Using various points of reference, such as the replicas of Warhol’s Brillo Boxes or a photograph of the work VSI Formula #5 (1969) by the Candadian conceptual art duo N.E. Thing Co., The Text is plural, attempts to complicate the narrative of perception by weaving together the ‘real’ and the facsimile, the observed, the copied and the echoed, creating a loop as the viewers’ eyes goes back and forth from one form to the other.

[1] Roland Barthes, Image-Music-Text, translated by Stephen Heath (London :Fontana Press, 1977) p.159