l'image en question - chloé desjardins, julie favreau, jean-françois lauda, beth stuart - THE IMAGE IN QUESTION

JULY 11 JUILLET - AUGUST 17 AOÛT 2013

Battat Contemporary est très heureuse d’ouvrir son exposition estivale, L’image en question. Présentant le travail des artistes Chloé Desjardins, Jean-François Lauda, Julie Favreau et Beth Stuart, cette exposition s’inscrit dans la lignée du thème Peinture Extrême lancé par l’Association des galeries d’art contemporain. Dans le cadre de ce projet, la galerie propose donc une exposition autour de la peinture et ses filiations à divers médiums que ce soit la vidéo, la sculpture ou le ready-made. Qu’il soit question d’un traitement spontané des surfaces peintes, d’une esthétique de la transformation, de compositions qui oscillent entre peinture et sculpture ou d’explorations formelles d’images filmiques, la rencontre de ces quatre pratiques invite à regarder la peinture à travers le large spectre de ses multiples formes de représentations.Par l’intermédiaire d’une recherche axée sur la sculpture, Chloé Desjardins transforme la nature ordinaire d’éléments usuels en de délicats et fins objets d’art. Par l’utilisation de la porcelaine, de la cire, du béton ou du plâtre, ces objets (tapis, roche, outils ou matériaux d’emballages) sont magnifiés par un rapport de force entre l’objet lui-même et son dispositif d’exposition. Pour ce projet d’exposition, les deux œuvres choisies évoquent, par un habile détournement, la peinture comme objet tridimensionnel.

La pratique de Jean-François Lauda s’intéresse aux possibilités de la peinture par le biais d’expérimentations des surfaces et d’une esthétique de l’imprécision. Par un procédé de sélection investi, les décisions formelles sont prises choisissant ce qui reste ou doit disparaître de l’image finale. Dans le cadre de cette exposition, les œuvres sélectionnées proposent des surfaces imprégnées, maculées de pigments denses, donnant à voir toute la finesse de la toile elle-même, du tissage du coton à l’agencement senti de la palette de couleurs. S’en résulte une oeuvre abstraite d’une grande sensibilité.

Le travail vidéo et performatif de l’artiste Julie Favreau joue de manière récurrente sur les codes du langage qu’ils soient symboliques, instinctifs ou chorégraphiques. Travaillant à partir d’objets trouvés et de scènes chorégraphiées, l’artiste étudie les relations propres aux schèmes de la représentation psychologique. Par prolongation, Le froid, le marbre, présenté ici, peut être vu comme un rapprochement à la peinture classique car dialoguant avec l’espace. Que se soit par le biais de la nature morte, d’un jeu de perspective dans la composition des plans ou de l’utilisation du miroir cette vidéo interroge nos repères visuels à l’intérieur du cadre filmique, créant ainsi un rapprochement avec la toile.

Beth Stuart crée des objets hybrides se situant dans un espace indistinct entre peinture et sculpture, ce qui confère à son travail une certaine ambiguïté. Tel qu’énoncé par l’artiste, Stuart met en scène « des corps dans l’espace, où les œuvres font office de portraits capturant sensations, personnalités et maniérismes.»1 Dans le cadre de cette exposition, l’artiste présentera work, (Jack Bush) 2012 et work, (Varvara Stepanova) 2012, dont les titres font référence aux peintres canadien (Bush) et russe (Stepanova), créant de ce fait un dialogue physique entre les deux œuvres, ainsi qu’un dialogue historique, quoique bien sûr fictif, entre ces deux personnes.

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Battat Contemporary is delighted to open its summer exhibition with The Image in Question. This exhibition, which features work by artists Chloé DesjardinsJean-François LaudaJulie Favreau and Beth Stuart is part of the Extreme Painting series launched by the Contemporary Art Galleries Association. In the spirit of this ''extreme'' curatorial frame, the gallery is showcasing works that explore the medium of painting, indeed its very margins, through its intersection with various media such as video, sculpture and the ready-made. Whether it's a spontaneous treatment of painted surfaces, the aestheticization of a process of formation/deformation, a composition that oscillates between a painting and a sculpture, or a formal exploration of the filmic image, the combination of these four practices invites us to explore painting across the broad spectrum of its multiple forms of representation.

Through her approaches to sculpture, Chloé Desjardins transforms elements of the everyday into fine, delicate art objects. By using porcelain, wax, plaster or concrete, these objects (carpets, rocks, tools, and packaging materials) magnify the power struggle between the object itself and its transactions and exchanges into an art apparatus. In this sense, Desjardins' two selected works evoke a clever deflection: painting as three-dimensional object.

Jean-François Lauda's practice explores painting through a series of intuitive decisions that determine what is or must be removed from the final image. As a painter, he is interested in the mutations that emerge out of experimenting with surfaces as well as an aesthetic of imprecision and visual abstraction. In this exhibition, his selected works offer saturated surfaces replete with dense patches of pigment, which foreground the finesse of the canvas fabric itself, especially through the permeability of the charged colour palette. The result is a work that is abstract, but that is, nevertheless, brimming with affect.

The video and performance work by artist Julie Favreau plays repeatedly upon language codes - whether symbolic, instinctive or choreographic. Working from found objects and choreographed scenes, the artist explores our relationship to psychologically charged representations. By extension, The Cold, The Marble, featured here, can be seen as an approximation to classical painting in its use of space. Whether through its references to still life, its playful use of perspective, or its mirror, this video questions the manner in which we interact with the visual frame, and harkens back to the frame of the canvas itself.

Beth Stuart creates hybrid objects playing in the space between painting and sculpture thus emanating a certain ambiguity. As said by the artist, she represents ''bodies in space, the works function as portraits of sensations, personalities and mannerisms.''[1]  For this exhibition Beth will be exhibiting work, (Jack Bush) 2012 and work, (Varvara Stepanova) 2012 whose titles reference the Canadian (Bush) and Russian (Stepanova) painters creating both a physical dialogue between the two works and a historical yet fictional dialogue between the two personas.

[1] Le projet Peinture : Un instantané de la peinture au Canada / The painting project : a snapshot of painting in Canada, Galerie de l'UQAM, 2013, p.220.