Tom Fairs, Alex Frost, Sophie Jodoin, Thérèse MastroiacovO

MAY 30 MAI - JULY 6 JUILLET 2013

Battat Contemporary est très heureuse d’annoncer sa prochaine exposition qui présente des œuvres de Tom Fairs, Alex Frost, Sophie Jodoin et Thérèse Mastroiacovo. Cette exposition offre au spectateur une opportunité unique d’examiner différentes méthodologies utilisées dans la pratique contemporaine du dessin. Ces quatre artistes ont été spécialement choisis pour la vision singulière que chacun apporte à cette discipline, à travers le dessin d’observation et les possibilités intrinsèques de la pratique elle-même.

Tom Fairs (1925 – 2007), qui vécut toute sa vie à Londres, a quitté l’école à l’âge de 15 ans. Après avoir remporté plusieurs prix de dessin, il est diplômé du Hornsey College of Art et du Royal College of Art. Marié à l’auteure Elisabeth Russell Taylor, il enseigna les beaux-arts et la scénographie à la Central School of Art and Design entre 1954 et 1987. À la retraite, Tom Fairs se consacra entièrement à son l’art, pratiquant la peinture et le dessin quotidiennement. Une grande partie de ses sources visuelles se trouvent aux environs de Hampstead Heath, où il remplissait chaque jour ses carnets de croquis. Son héros et mentor artistique était Pierre Bonnard, avec lequel il partageait une même prédilection pour la banalité de la vie quotidienne et un désir de transcender l’ordinaire par l’art. À l’instar de Bonnard, Fairs était un homme humble et sans prétention, indifférent à la notion de carrière, et pour qui l’art, tel qu’il a écrit en 2003, est une opportunité « d’entrevoir, ne serait-ce qu’un peu, l’ordre implicite qui sous-tend ce qu’on perçoit être la réalité. » – Bobbie Oliver, peintre

Les dessins à l’aveugle d’Alex Frost sont une série d’œuvres créées à partir de portraits et de photographies de natures mortes, mais exécutées à l’inverse, en travaillant au revers de la surface. Il réalise ces oeuvres par un processus combinant perforations et peinture. Des pigments bronze, argentés ou dorés sont appliqués au dos du papier de manière à ce que les ouvertures laissent paraître les riches tons métalliques, donnant ainsi l’impression que l’image flotte sur la surface du papier. Une figure les yeux clos et la tête inclinée, évoque l’absence, comme un vaisseau anonyme qui se présente telle une apparition dorée, un bas-relief, un masque mortuaire.

La pratique de Sophie Jodoin gravite autour du dessin, du collage, de la peinture et de la vidéo. Depuis 2004, elle travaille exclusivement en noir et blanc. Ses sujets, souvent difficiles, prennent forme au sein d’installations murales d’envergure au caractère minimaliste et sont fréquemment indivisibles. La sélection de dessins présentée dans cette exposition est tirée d’une série d’œuvres qui se réfèrent à des rendus architecturaux ou des modèles de structures monolithiques comme des gratte-ciels, des socles et des citadelles. Ces compositions confrontent le spectateur à des formes cliniques, voir emblématiques dans lesquelles une ambivalence utopique-dystopique est palpable.

L’œuvre de Thérèse Mastroiacovo porte sur l’art lui-même en tant que notion, sur le processus artistique comme méthodologie. Elle traite du rapport précaire entre l’art et sa propre définition, relation tantôt ouverte largement, tantôt à moitié, ou juste entrouverte à une reclassification selon le moment. Les niveaux changeants d’ouverture créent un espace interstitiel, espace qui laisse place aux chemins de traverse, aux processus et aux démarches. Son oeuvre se situe là, dans un univers de potentialité, créé au coeur de structures existantes. C’est cela – cette grande, grande chose posée là, dans toute sa simplicité – qui rend son travail à la fois familier et insaisissable.

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Battat Contemporary is pleased to announce our next exhibition featuring the work of Tom Fairs, Alex Frost, Sophie Jodoin and Thérèse Mastroiacovo. Focusing on the practice of drawing, this exhibition offers the viewer a unique opportunity to focus on the methodologies of drawing. These four artists have been chosen as each brings to the surface a formidable vision, broadening both the definition of observation and the scope of possibilities considered within contemporary drawing practice.

Tom Fairs(1925 – 2007), a lifelong resident of London, left school at age 15. After winning several prizes for drawing, he went on to graduate from Hornsey College of Art and The Royal College of Art. Married to the writer Elisabeth Russell Taylor, he taught fine art and stage design at the Central School of Art and Design form 1954 to 1987. Upon retiring, Tom Fairs devoted himself entirely to his art, painting and drawing every day. Much of his imagery was found in and around Hampstead Heath, where he drew daily in his sketchbooks. His artistic hero and mentor was Pierre Bonnard, whose delight in the ordinariness of daily life and its elevation to art was a shared passion. Like Bonnard, Fairs was a humble, unpretentious man, indifferent to the notion of career, for whom art, as he wrote in a statement in 2003, was a chance to have a ‘brief glimpse of the implicit order that lies beneath what we perceive as reality.’ -Bobbie Oliver, painter

Alex Frost’s Blind drawings are an ongoing series of drawings. These drawings are made from portraits and still-life photographs, made in reverse, working back-to-front. They are developed through a process combining perforation and painting. Bronze, silver or gold paint is pressed into the back of the drawing so that the holes admit rich, metallic colour and Frost’s image appears to float to the surface of the paper: eyes closed and head slightly turned or tilted away he seems intent on absence, a blank subject present as a gilded apparition, a relief, a death mask.

Sophie Jodoin favours the media of drawing, collage, painting, and video. Since 2004, she has worked exclusively in black and white and chooses to present her works in minimalist, frequently indivisible large-scale mural installations. The selection of drawings presented in this exhibition are taken from a series of works referencing architectural renderings or models of monolithic structures such as high-rises, plinths and citadels, but as fictions confronting the viewer with utopic-dystopic ambivalence embedded within clinical, iconic forms.

Thérèse Mastroiacovo’s work is about art itself as an idea, artistic process itself as methodology. It is about the precarious relationship art has to its own definition, open, half open, or slightly open for reclassification at any given time. The varying degrees of openness create space in-between, a space that gives meanderings, processes, and procedures. Her work is situated right here, in a space of potential created in the middle of existing structures. It is this – this large, large thing stated so, so plainly- that makes her work both familiar and unknowable.